Prédications Protestantes dans les Alpes du sud 

Dimanche 4 décembre 1927

à Montélimar

Dédicace temple de Valréas (84600)

Tes autels, Éternel des armées,mon Roi et mon Dieu (Ps 84-4)

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Fr. et s. De plusieurs côtés, dans votre voisinage immédiat des constructions nouvelles s'élèvent pour être consacrées au culte divin, pour être dédiées au service de Jésus-Christ. C'était dimanche dernier l'inauguration d'une "Maison de Dieu " à Sahune, annexe de l'Église de Nyons ; c'est aujourd'hui à cette heure même la dédicace d'un autre temple à Valréas. Ce sera bientôt sans doute, sous la poussée des nécessités, même chose à Bourg-lès-Valence. Invités à nous associer à la joie générale, nous sommes aussi conviés à joindre notre effort à l'effort local entrepris pour leur édification. Dans un sentiment de solidarité, de fraternité ecclésiastique et spirituelle bien volontiers nous participerons et à la joie et à l'effort.

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Mais l'occasion ne nous est-elle pas offerte, par une comparaison bien naturelle, légitime et compréhensible de considérer le lieu qui nous réunit ici nous-mêmes ? Cet instant n'est-il pas tout indiqué, sans rompre la communion avec nos frères du dehors - au contraire - pour ramener notre pensée sur cette " Maison de Dieu " qui nous abrite ? Il ne s'agit pas de nous glorifier de ce que nous possédons déjà. Mais il est permis d'exprimer notre émotion, de traduire notre reconnaissance et nos espoirs !

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Aussi ne nous attarderons-nous pas à mesurer les dimensions extérieures, ni les dispositions harmonieuses d'un édifice de Pierre, avouant là des regrets, émettant ici certaines satisfactions. Bien plutôt nous dirons quelle attitude nous devons tenir, nous qui remplissons cette maison. Ce qui fait la vraie valeur d'une construction, sa valeur intime et comme spirituelle - la seule dont nous devions actuellement tenir compte - c'est moins le nombre des pierres et leur agencement que l'usage auquel elle est destinée, que l'esprit dont elle est remplie. " Que tes demeures sont aimables, Éternel des armées ! Tes autels, Ô Éternel, mon Roi et mon Dieu "

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Tes demeures, tes autels, c'est parce que cette maison est la Maison de Dieu qu'elle vaut à nos yeux, qu'elle est précieuse à notre cœur. Comment nous y comportons-nous ?

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Disons d'abord notre satisfaction de ce qu'elle ne ressemble pas aux autres constructions.

À bien des égards elle leur est inférieure. Elle a moins d’apparence ; on peut la juger non seulement plus ancienne, mais archaïque, d'un autre temps ; elle est faite pour répondre à d'autres besoins que ceux du jour ou du siècle (selon une expression consacrée). Regardons ces autres constructions. Je ne dis pas admirons quoique par certains points elles soient admirables. Regardons : nous verrons des casernes, des prisons, des hôpitaux, des villas, des taudis et pour expliquer casernes, prisons, hôpitaux, villas, taudis, des usines. Le monde est devenu un immense atelier. Tout homme s'applique à fabriquer des instruments destinés à embellir sa vie. Même les moins malheureux parmi les hommes, ceux que la terre a gardés, s'emploient de toutes leurs forces à quitter la terre pour rejoindre l'atelier. On entend alors le ronflement des machines, le crissement des outils, mais dominant le bruit des marteaux, des tours, des scies... des murmures, des injures, des réclamations, que leurs voix ne parvinssent assez loin, que leurs chants s'évanouissent aux limites d'une génération, ils décidèrent de perpétuer le signe de leur amour et de leur foi : et ils ont amoncelé des pierres ; ils les ont cimentées pour les faire résister au temps, ils leur ont donné - du plein-cintre à l'ogive - des formes toujours plus délicates, légères et fines ; ils ont ciselé dans le bloc des parures de dentelles ; par le burin ils ont communiqué aux visages gravés l'expression de la vie, essayant de traduire ainsi par leur travail et leur art, la beauté, la spiritualité, la sublimité de leur amour et de leur foi.

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Négateurs, moqueurs, jouisseurs des joies d'en bas assemblez vos arguments, faites valoir vos délices vulgaires, à voix plus haute répercutée par un immortel écho, ces pierres chantent :

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" Tes autels, Tes autels ! mon Roi ; mon Dieu ! "

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Mais la courbe de cette ligne séculaire s'infléchit et nous amène aujourd'hui jusqu'à ce sanctuaire... Plus sobre, convenons-en, que les cathédrales précitées. La foi, en effet, ne s'est pas maintenue, depuis lors, au même niveau.

Les constructions subséquentes nous en donnent la preuve. Si nous en voulons faire le tour, nous apercevrons - surtout aujourd'hui - dépassant les Églises par le nombre, les dimensions, l'audace, des casernes, des prisons, des hôpitaux, des théâtres, des cinémas, des banques, des villas, des taudis et pour expliquer casernes, prisons, hôpitaux, théâtres, banques, villas et taudis, des usines, des usines ! Presque le monde entier est devenu un vaste atelier. Tout homme s'applique à fabriquer ces instruments destinés à embellir sa vie. Même les moins malheureux - ceux que la terre a gardés - s'emploient de toutes leurs forces à quitter la terre pour rejoindre l'atelier. On entend alors le ronflement des machines, le crissement des outils, mais dominant le bruit des marteaux, des tours, des scies... des murmures, des injures, des réclamations, des revendications, et tous ces cris traduisent l'immense et intense désir d'une amélioration décisive et prompte... Car depuis, depuis des siècles certes, la science et ses applications ont conduit le monde de progrès en progrès... on s'habille mieux, on mange davantage, on s'amuse beaucoup plus qu'autrefois, mais une chose n'a pas suivi la progression : c'est le bonheur même de l'homme. L'homme est aussi peu satisfait qu'autrefois. Il l'est moins, vous dis-je. Quelque invention, quelque fabrication qu'il fasse, autos, avions, radiophonie, T.S.F. , il souffre autant et meurt aussi bien. En inventant et en fabricant, il accroît même sa souffrance et prépare sa mort en la prétention de leur échapper. Mille moyens inconnus des temps passés lui sont offerts qui devraient exalter sa joie, mais au lieu de chanter, il vocifère.

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Après-tout, si ! Il en est qui sont heureux par là. Il en est (plus encore) qui veulent être heureux par là et qui y arriveront. Il en est, en très grand nombre, à qui suffisent les satisfactions matérielles : du luxe, du confort, des toilettes, de la musique, des bals, de l'argent, que sais-je ? À la foi a été substituée la vue ; à l'espérance a été substituée l'envie chez les uns la crainte chez les autres ; à l'amour est préférée la colère... au Christ venu du ciel pour vous arracher à la douleur et à la laideur terrestres est préféré le Démon prometteur et menteur !

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Aussi, nous retrouvant dans ce sanctuaire aux dimensions réduites, à l'aspect plus grave sommes-nous tentés, attristés, de reprendre, en mineur cette fois, le cantique ancien :

Tes autels, tes autels,

mon Roi, mon Dieu !

Que sont devenus tes autels ?

Je regrette la saison

où j'allais en ta maison

chantant avec tes fidèles

tes louanges immortelles !

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C'est pourtant en ce lieu, mes chers auditeurs, que vous êtes rassemblés ce matin. N'est-ce point dire que vous n'êtes pas au nombre des satisfaits signalés tout à l'heure ? Jouissant (aussi bien que les autres) d'une civilisation dont vous savez apprécier les avantages, vous ambitionnez toutefois un lot meilleur encore. Écoutez alors : " " Vous qui êtes fatigués, chargés, venez à moi ! " dit Jésus, le Christ." et il ajoute : "Je vous parle ainsi afin que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite ! "

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C'est la réponse attendue, pleine de certitudes, dont vous avez besoin... La réponse qui est tout à la fois un appel : Venez, Venez ! Sous ce toit, dans cette maison à Dieu, Venez pour obtenir de Dieu réparation, satisfaction, plénitude de joie, harmonie profonde.

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Venez d'abord pour l'adoration . L'adoration est une démonstration de respect et d'amour. Elle naît du sentiment de la majesté, de l'immensité, de la souveraineté d'un Dieu infiniment grand en sagesse, en puissance, en amour.

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Adorer

Adorer c'est être saisi, ébloui, émerveillé ; c'est accumuler en son âme tout ce qu'elle peut contenir de déférence et de crainte, de confiance et de reconnaissance, et c'est laisser jaillir de son âme de peur qu'elle n'éclate - tant elle en est pleine - ces sentiments portés au degré le plus élevé ; c'est traduire par la parole, par le chant, par la musique , par la prière ce qui devient par instant le tourment obsédant du cœur.

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L'amour pour Dieu

Cela se peut faire ailleurs, en pleine nature par exemple, où l’œuvre de Dieu paraît plus magnifique, n'étant pas gâtée par les mains malhabiles des hommes. Il est vrai ! Vous connaissez pourtant la difficulté singulière de cet acte quand vous êtes ainsi livrés à vous-même ; il y a tant d'autres attraits inférieurs qui font perdre de vue le Dieu des cieux. C'est pourquoi, pour parer à l'infirmité naturelle de vos âmes, venez vous joindre à l'hommage des prophètes, des psalmistes qui, en une langue où la musique et la poésie s'associent, vous élèveront avec eux dans la contemplation des perfections divines ; redites avec eux ces mots d'une très haute noblesse ; chantez avec eux ces spectacles grandioses : les merveilles de la terre, l'infini majestueux et profond de la mer, l'immensité mystérieuse des cieux. Et convenez qu'en tout cela vous touchez seulement le bord d'une réalité qui se découvre plus grande et plus belle encore quand, dans le dépouillement de la gloire céleste et le revêtement de l'indigence humaine elle apparaît en Jésus-christ, Jésus-christ sublime traduction de Dieu lisible au simple regard des hommes. Oh ! Venez dans ce sanctuaire vous gardant bien de diminuer en quelque manière le nom de l'Éternel. Venez, exaltez votre âme par des chants qui ne seront pas une pauvre mélodie mais bien l'envol de la foi, de l'espérance et de l'amour.

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Venez et priez non dans la désolante attitude du mendient honteux ou arrogant, mais avec l'assurance joyeuse de l'enfant qui aime et qui croit.

Venez - Venez - Pour cette rencontre où vos yeux doivent pour un instant se fermer aux tristesses et aux laideurs humaines et vos regards voir s'entrouvrir la porte des cieux, Dieu vous demande - ou vous offre - l'adoration.

Venez encore pour vous instruire. L'instruction constituée par la lecture de la Bible et la prédication est l'un des actes essentiels accomplis dans cette maison.

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Lecture et prédication :

C’est la voix que Dieu emprunte pour se faire entendre. C'est l'instant où la conscience, la volonté, le cœur sont pris à partie par Dieu. À ce moment-là, entre ces murs, un débat s'engage pour ainsi dire, un débat où l'un des deux interlocuteurs, d'avance, s'avance, s'incline, accepte, se laisse toucher, s'abandonne. Et ce doit être, pour Dieu qui parle, un culte infiniment agréable celui qui accorde à sa parole une autorité incontestée !

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Mais il s'agit de vous, de votre avantage, de votre intérêt. Venez donc pour entendre la Parole de Vie, la Parole qui porte la vie en déployant la Vérité ; venez pour écouter la révélation de ces choses qui ne montent pas toutes seules au cœur de l'homme, à la montée desquelles le cœur de l'homme bien plutôt se refuse et s'oppose. Apprenez ces réalités cachées aux sages et aux intelligents qui estiment inutiles les intuitions, les inspirations profondes supérieures de l'Esprit Divin, mais découvertes alors, dévoilées aux âmes enfantines qui déclarent ignorer et veulent connaître à l'aide de cet instrument étonnant de puissance et de justesse, donnant à coup sûr la plus merveilleuse vision à distance, et qui s'appelle la foi.

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La Foi :

Venez et prêtez l'oreille à ces affirmations étranges d'abord, répugnantes : votre misère, votre péché, votre culpabilité, votre condamnation, parole désespérante, doctrine déprimante, enseignement effrayant, vérité douloureuse, affreuse dont il importe que vous goûtiez l'amère saveur, et que vous respiriez l’écœurant parfum... Mais (écoutez encore) cette Parole révélatrice de vous- même, miroir fidèle de votre laideur, et aussi fidèle révélatrice de l'amour divin. À ses premiers dires, elle ajoute : " Dieu est amour. Dieu ne veut pas la mort du pécheur mais sa conversion et sa vie." - " Revenez, revenez à Moi et je reviendrai à vous ! " Puis lentement, patiemment la clarté du ciel se projette sur ces déclarations et l'on voit enfin, émergeant du dur rocher de la Loi et de la brume des prophéties cette Parole apparaître lumineuse et infiniment aimable, Parole faite chair en Jésus-christ, pleine de grâce et de vérité.

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Venez, Oh ! Venez pour acquérir la connaissance rédemptrice, celle du Christ dont la voix amicale répète : Celui qui a le Christ a la Vie - " Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. "

Il vous reste enfin à offrir dans ce lieu, votre sacrifice. Il n'y a pas de religion à proprement parler, il n'y a pas d'acte religieux là où il n'y a pas de sacrifice. On dirait presque : il n'y a rien, rien dans aucun domaine, là où il n'y a pas de sacrifice ; le savant, le laboureur, l'ouvrier, la mère le savent bien. Rien ne se fait par eux et pour eux sans qu'ils donnent d'eux-mêmes. Toutes les religions, même les plus inférieures, affirment la même chose. Mais la religion divine ne se distingue-t-elle pas des autres en proclamant que le sacrifice unique et total de Jésus-christ a tout accompli ? Jésus mort et ressuscité n'a-t-il pas obtenu la réconciliation parfaite du Dieu Saint avec l'homme pécheur ? Si Dieu était en Christ réconciliant le monde avec lui-même, il ne reste donc plus rien à faire ? Rien, en effet, rien du côté de Dieu.

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Oui, tout est accompli... du côté de Dieu. Il reste seulement ceci du côté de l'homme, que toute créature humaine, chacune pour son compte, doit se solidariser avec Christ sur la croix, s'identifier avec Lui ; par un acte d'adhésion, d'adhérence intime, dans une souffrance profonde, dans la réprobation totale du mal, devenir à son tour comme crucifiée, mourir de son péché et à son péché pour renaître et revivre à une Vie nouvelle selon l'Esprit. Ce sacrifice-là est exigé. Il est le seul valable. C'est le don de soi, c'est l'offrande de la volonté et du cœur, seul moyen de salut car seul il ouvre au Dieu Souverain connu en Jésus-christ l'accès de la personne humaine et lui permet de s'y introduire y apportant pardon, sanctification et vie divinisée. Or ce sacrifice intérieur, ce don de la personne se traduit par le don du temps, de la peine ou de l'argent dont on dispose. Faut-il dire que le sacrifice d'argent est le plus significatif ? Peut-être l'argent tient tant à notre cœur ; c'est donc avec l'argent que nous pouvons satisfaire les exigences de notre être naturel, la convoitise des yeux, la convoitise de la chair et l'orgueil de la vie. Aussi quand nous donnons de notre argent à Dieu marquons-nous la mesure du don de nous-mêmes à Dieu....! Mais argent, travail, temps, c'est nous que nous devons donner !... Ce sanctuaire et les œuvres qu'il abrite disent que des cœurs ont compris, se sont donnés, ce qu'ils ont donné d'eux-mêmes - tout cela vient de vous, de votre cœur, c'est vous-mêmes... Oui cette maison c'est vous-mêmes, vous (dans quelle mesure ? chacun le sait ) ! Mais, dans cette maison, vous avez reçu sur votre jeune front l'eau du baptême, dans cette maison vous avez connu vos premières émotions religieuses, prononcé vos premiers vœux, offert au Seigneur l'hommage de vos joies familiales ; dans cette maison, en allant remettre à la terre les restes de vos bien-aimés vous avez fait une halte douloureuse, mais propices aux consolations éternelles, Sur ces murs, vous avez gravé les noms chéris de ceux que la grande tueuse vous a pris... Oh ! que de liens vous attachent à ce lieu... Qui sait ! peut-être gardez-vous le souvenir de minutes mystérieuses et sacrées où vous avez lutté, hésité, vous êtes donnés, repris et finalement consacrés, vous offrant vous-mêmes en sacrifice vivant et Saint, ce qui est - dit l'apôtre - votre culte raisonnable. Alors, c'est bien ici votre maison en même temps que la maison de Dieu... c'est ici, pour vous, la porte des cieux !

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Sacrifice ?

En vérité, quel mot, quel nom, quelle image pour exprimer réalité pareille ! Sacrifice, sacrifice !! Mais voici un autre mot, un autre nom, non pas une autre image ; cette fois c'est le fait réel et bien connu - un mot, un nom divin compris de tous les hommes : Amour - Amour ! Le sacrifice c'est l'amour.

Oh ! aimez-là, aimez-là bien cette maison, votre maison ... maison de Dieu, maison des hommes, maison où Dieu et les hommes se rejoignent, maison non plus construite de mains d'homme, avec des matériaux terrestres, mais bâtie dans l'adoration, la connaissance, l'amour avec des pierres spirituelles, avec vos âmes, m.fr et m.s avec vos âmes, maison spirituelle par conséquent, seule digne du Dieu Esprit et Vérité !

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Soyez-en tous les pierres vivantes : chrétiens d'expérience, affermissez toujours plus les fondements de votre foi ! Jeunes gens et jeunes filles, que vos espérances, vos enthousiasmes, vos audaces ouvrent sur le ciel et sur le monde de larges fenêtres par où pénétreront, dans la maison, les courants d'air et la vie ! Hommes et femmes de prière, obtenez de Dieu les Directions Saintes qui maintiendront la construction dans le plan divin ! Hommes et femmes d'action, travaillez sans vous lasser à élever et embellir l'édifice sacré ! Et que chacun pour le rôle qui lui est assigné, reste solidement agrégé à la pierre angulaire, Jésus-christ, choisie précieuse pour Dieu, hors de laquelle rien de solide ne s'édifie.

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Bâtissez ainsi - et habitez - la maison de Dieu, vrai temple du Saint-Esprit.

Et plus beau que le cri du psalmiste, se ravive alors, reprend vigueur, s'amplifie, se prolonge sans arrêt pour être entendu jusqu'au bout de l'univers, le chant le chant de vos cœurs, joyeux et vibrant, :

" Que tes demeures sont aimables, Ô Éternel... Tes autels, mon Roi, mon Dieu ! Un jour dans tes parvis...

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Amen !

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